[fr] Casa Pound Italia

Article

1.1 Qui sont-ils?

Casa Pound Italia (CPI) est un mouvement italien d’extrême droite, établi officiellement en 2008 dans les “Associations de Promotion Sociale”. Son fondateur et meneur est le chanteur de rock Gianluca Iannone, qui se définit un “fasciste du troisième millénaire” et qui s’était présenté aux élections avec le parti neofasciste Movimento Sociale Fiamma Tricolore avant d’en être expulsé en 2008.

Le nom de CPI vien de celui qu’avait été donné à la maison que, dirigés par Iannone, des activistes d’extrême droite avaient squattée à Rome en 2003, et c’est un hommage au poète Ezra Pound. La fille de Pound, Mary de Rachewiltz, s’est plainte de ça et « a accéléré son effort » (1) après le 13 décembre 2011, le jour où à Florence l’activiste d’extrême droite Gianluca Casseri, lié à CPI, avait tiré sur cinq marchands senegalais, en tuant deux d’entre eux (2).

1.2 Leurs idées

Le manifeste de CPI, appelé “Une Nation”, présente le programme politique du mouvement. Il révendique une “Italie sociale et nationale”, qui devrait prendre la forme d’un “État éthique” décrit comme un “fait moral et spirituel”, une “guide et un point de repère spirituel pour la communauté nationale”, afin de “réaffirmer et reprendre sa souveraineté nationale et son autonomie”. Le manifeste trouve aussi les sources de l’inspiration culturelle et politique du mouvement dans certaines personnalités de l’extrême droite telles que Benito Mussolini, Gabriele d’Annunzio, Alessandro Pavolini, Giovanni Gentile et le Mouvement Futuriste.

Bien que CPI tente d’éviter soit les fanfaronnades explicitément racistes contre les Juifs et les immigrants, soit la dévotion à la soi-disante “Tradition” – tous les deux plutôt habituels dans les mouvements et les partis politiques de la même orientation – , ce mouvement est clairement enraciné dans la tradition de l’extrême droite “sociale”. Les opinions sur l’économie de CPI rappellent le “corporatisme” fasciste, une idée fondée sur l’harmonie hypothétique entre diverses classes et secteurs de production, au nom de l’unité et de l’interêt nationales. Du point de vue sociale leurs opinions vont du soi-disant “mutuo sociale” (emprunt-logement sociale) – une sorte de formule de financement privé fondée sur la souveraineté monétaire – , au blocage des frontières nationales aux migrations. Pour toutes ces raisons, ils sont habituellement très critiques avec les banques et le système financier en général, ainsi qu’avec les mesures d’austérité, étant en cela proche de certaines luttes traditionellement de gauche.

L’ambiguïté est en effet une des plus importantes caractéristiques de CPI, surtout en considérant le contexte culturel qu’ils veulent montrer. CPI a organisé plusieurs fois conférences et événements sur personnalités telles que Che Guevara, Jack Kerouac, Rino Gaetano (un chansonnier italien sans doute de gauche), et Peppino Impastato (qui a lutté contre la mafia et a été aussi un agitateur du parti communiste Democrazia Proletaria).

1.3 Controverses et violence

Le mouvement de jeunesse de CPI, appelé Blocco Studentesco, fut établi en 2006. Son logo – une foudre dans un cercle – vient de la “British Union of Fascists” de Oswald Mosley, mais fait cependant allusion aux symboles utilisés par les mouvements de squatting de gauche. Plusiers membres de Blocco Studentesco ont participé aux émeutes urbaines du novembre 2008 à Piazza Navona, Rome, pendant la manifestation des étudiants et des enseignants contre la reforme de l’École et de l’Université du ministre Gelmini. Certains agitateurs de CPI ont commencé les violences en battant avec leurs ceintures les élèves les plus jeunes – une pratique qu’ils ont appelée avec fierté “cinghiamattanza”, que signifie quelque chose comme “grabuge aux ceintures”. Les émeuts qui suivirent terminèrent avec la destruction d’un bar et avec l’intervention d’agents de Police – diverses d’entre eux ont étés vus plus tard parler confidentiellement avec le jeune leader des étudiants de CPI.

2.Notes

(1) [en] La fille d’Ezra Pound arrache l’heritage renégat du poète des mains des fascistes
(2) Bien que Casseri n’était pas officiellement un membre de CPI, il visitait régulièrement le siège de CPI en Toscane, en y prononçant quelques fois des discours. Il a aussi écrit des articles pour “Ideodromo” (“idéodrome”), le site web de CPI, enlevés depuis le 13 décembre (source[it]).

3. Autres sources

– texte [en] Les meurtres de Florence
– texte [en] Fascistes italiens fidèles à l’idéologie de Mussolini?
– texte [en] Voyous d’extrême droite menacent les endroits touristiques de Rome
– texte [en] Un peu de contexte et analyse des sois-disants “Narrations de victimisation” de l’ancienne extrême droite italienne des années 70 disponible dans Google Books
– vidéo [en] Bref documéntaire sur les émeuts de Piazza Navona
– texte [it] Dossier CPI Naples avec une introduction générale
– texte [it] Sur le 25 avril 2004

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